Faire passer les cyclistes à la caisse
Des députés de droite veulent taxer les cyclistes qui empruntent les voies de mobilité douce. Pro-Vélo dénonce une attaque contre les vélos.

Faut-il taxer les cyclistes dans le canton de Fribourg? Deux députés de droite, un UDC et un PLR, proposent de taxer les vélos. Selon eux, les infrastructures telles que les bandes cyclables, la signalisation, les aménagements spécifiques qui concernent les deux-roues sont aujourd'hui financés par les automobilistes, notamment par le biais des taxes et redevances perçues sur les véhicules motorisés.
Dans une question au gouvernement, ils évoquent l'idée de taxer les cyclistes, sous forme d'une contribution financière ou d'une vignette annuelle. "On vient d'augmenter de 5,2% l'impôt sur les véhicules à moteur et une partie va pour des infrastructures de mobilité douce. On trouve légitime que tout le monde y participe", estime Jean-Daniel Chardonnens, co-signataire de cette interpellation.
Ce qui fait bondir Pro-Vélo, la faîtière qui défend les cyclistes. "C'est absurde", réagit Grégoire Kubski, son président et député socialiste. "Si on suit cette logique, pourquoi les piétons ne devraient pas payer? On ne va pas mettre un péage à chaque passage piéton!". Pro-Vélo a réagi par voie de communiqué, en évoquant une déclaration de guerre contre la mobilité douce. Selon l'association de défense des cyclistes, ces derniers participent déjà aux coûts par le biais des impôts généraux.
Pro-Vélo précise que la majorité des cyclistes fribourgeois possèdent également une voiture et participent aussi à l'impôt sur les huiles minérales. Pour la droite, il s'agit d'appliquer le principe de l'utilisateur-payeur. L'UDC Jean-Daniel Chardonnens se défend de vouloir mener une guerre contre les cyclistes:
Le Conseil d'Etat a maintenant deux mois pour répondre à cette interpellation. Il doit par ailleurs faire le point sur le coût annuel des infrastructures cyclables financées par le canton et les communes.