Faut-il vraiment aider les oisillons au sol?
Au printemps, des oisillons sont souvent retrouvés au sol. Faut-il les secourir? Pas toujours. L'association NetAP donne des conseils pour bien agir.

Chaque printemps, des oisillons tombent au sol et des citoyens bien intentionnés les recueillent pour les amener dans des centres de soins. Des sauvetages souvent inutiles, alerte l'organisation de protection des animaux NetAP ce lundi. Beaucoup de ces jeunes oiseaux ne sont en réalité pas en détresse, souligne-t-elle dans un communiqué de presse.
Les oisillons au sol peuvent être en apprentissage. Il est normal qu'ils quittent le nid pour explorer leur environnement et apprendre à voler, souligne l'organisation. Les parents ne sont jamais très loin pendant cette période. Cette phase, où ils volettent au sol ou sur des branches basses, est normale.
"Parfois, c'est précisément cette aide humaine qui transforme un oisillon en bonne santé en un cas nécessitant des soins", explique Esther Geisser, présidente et fondatrice de l'organisation de protection des animaux NetAP. Mais alors comment reconnaître ceux qui sont effectivement en détresse?
Toujours observer
Avant d'agir, l'observation est essentielle. Si vous trouvez un jeune oiseau avec toutes ses plumes, prenez du recul. Observez-le discrètement pendant une à deux heures et cachez-vous pour ne pas effrayer les parents potentiels. S'ils reviennent s'en occuper, laissez l'oisillon tranquille.
Si un jeune oiseau en bonne santé se trouve dans une zone dangereuse, par exemple sur une route ou à portée d'un chat, vous pouvez le déplacer avec précaution. Déposez-le dans un buisson, une haie ou sur une branche basse dans un rayon de 20 mètres maximum de là où vous l'avez trouvé. Les parents le retrouveront grâce à ses cris. Contrairement à une idée reçue, les oiseaux ne sont pas dérangés par l'odeur humaine. Les parents ne l'abandonneront pas parce que vous l'avez touché.
Blessés, trop jeunes ou martinets
Les oisillons blessés ont par contre systématiquement besoin d'aide. Un oiseau avec une aile pendante ou des plaies visibles doit être secouru. Contactez immédiatement un vétérinaire ou un centre de soins pour la faune sauvage. Eux seuls pourront lui prodiguer les soins adaptés. "Il est illégal de les soigner chez soi", insiste Esther Geisser dans le communiqué.
Les très jeunes oisillons, encore nus ou peu emplumés, sont aussi en danger hors du nid. Si vous en trouvez un, essayez de localiser son nid. Replacez-le délicatement dedans si possible. Faites-le de préférence quand les parents ne vous voient pas. Si le nid est détruit, inaccessible ou si vous ne le trouvez pas, l'oisillon a besoin d'aide. Il faudra alors le confier à des spécialistes.
Un cas particulier concerne les martinets. Ces oiseaux ont des pattes très courtes. S'ils se retrouvent au sol, ils ne peuvent pas redécoller seuls. Ils ont systématiquement besoin d'aide humaine spécialisée. Ne les lancez surtout pas en l'air: ce geste peut aggraver des blessures internes. Attention également à ne pas confondre martinets et hirondelles. Les hirondelles, elles, peuvent décoller depuis le sol. En cas de doute sur l'espèce ou la situation, appelez un centre de soins. Ils pourront vous conseiller au téléphone.
Pas d'eau ou de nourriture
Pour transporter un oisillon vers un centre ou un vétérinaire, utilisez une petite boîte. Percez des trous d'aération. Garnissez le fond de papier ménage ou d'un tissu. Maintenez l'oiseau au chaud. Vous pouvez placer une bouillotte sous la boîte (pas en contact direct). Agissez rapidement.
NetAP insiste également sur un point crucial: ne donnez jamais à boire ou à manger. Ni aux jeunes, ni aux adultes. Une nourriture ou une eau inadaptée, ou mal administrée, peut être fatale.
Enfin, les propriétaires de chats peuvent jouer un rôle positif. Si des oisillons sont dans votre jardin, gardez votre chat à l'intérieur. Deux ou trois jours de "confinement" suffisent souvent. Cela laisse le temps aux jeunes de prendre leur envol. C'est un petit geste pour le chat, mais une grande aide pour la faune locale.